
On ne redira jamais assez combien la paix a besoin de la justice pour advenir ! Et la justice n’est pas quelque chose de difficile à comprendre, un enfant peut le saisir : ne fais pas à l’autre ce que tu n’aimerais pas qu’il te fasse… De façon plus précise, le philosophe Kant disait de ne jamais oublier que la personne est une FIN EN SOI, et non uniquement un moyen pour obtenir ce que je veux. Or, malgré notre chartre des droits et libertés, combien cette évidence morale semble fragile à notre époque de mondialisation néo-libérale. Jamais il n’y a eu tant de richesses ni écart si grand entre riches et pauvres, avant que le réel ne nous rattrape.
Le réel, on le sait, c’est la pollution et le réchauffement climatique, c’est la biodiversité qui s’éteint mais c’est surtout le choix d’un système économique qui veut tout sacrifier, y compris les humains, leurs sociétés et cultures, tout en osant se déclarer pour le progrès humain ramené à la consommation. Ainsi, la dette nationale américaine est faramineuse et défie tout entendement mais pour l’instant l’apparence est sauvée, la Bourse est recrinquée par la guerre en Irak, le peuple dépense grâce au crédit facile et vit au-dessus de ses moyens, et personne ne veut dénoncer le crash inéluctable d’une telle situation ingrate politiquement. Car qui veut s’opposer à la délocalisation pour que la classe moyenne puisse conserver ses emplois, qui est prêt à imposer les multinationales et à limiter leurs profits…qui ? Personne.
Alors, c’est le dernier sprint final : vite, avant que l’illusion ne tombe et que les Américains réalisent qu’ils (et nous non plus) ne pourront plus maintenir leur niveau de vie et que les faillites se multiplient, contrôlons militairement le pétrole de l’Irak, augmentons nos budgets en armements, créons des zones économiques à notre profit et ne remboursons jamais nos créanciers internationaux en maintenant le dollar comme unique monnaie d’achat. En ne désavouant pas ce cul-de sac néo-libéral et en donnant au contraire l’illusion que tout va bien, malgré les pertes d’emplois à répétition et le gouffre de la dette, la classe politique américaine se prépare une bombe sociale à retardement. La planète entière en sera affectée…
La justice c’est de traiter moralement et politiquement l’homme comme une fin en lui-même et il est clair que tout ce qui se rapporte à sa santé, à son corps, à sa culture, doit cesser d’être traité en marchandise. Privatiser les soins de santé ? Continuer les OGM et la mono-culture intensive polluante? Les cellules souches ? La déforestation (qui devient désertification) pour produire de l’essence par éthanol ? Bref, se servir de besoins VITAUX à l’humain et se servir de l’homme lui-même comme un vulgaire moyen pour parvenir comme seule fin à avoir plus d’argent ???? Aucune justice réelle ni aucune démocratie ne peuvent survivre longtemps à une telle démission de la classe politique complice de l’appétit vorace des entreprises, seules la manipulation d’opinion et la guerre peuvent en résulter. C’est très très triste. Mais tout combat non violent en faveur de la justice doit commencer par un regard de vérité sur la finalité qu’est l’homme, qui n’existe pas pour consommer ou s’enrichir mais pour être en relations humaines dont l’échange commercial n’est qu’une modalité et sans doute la moins importante au bonheur… Il nous faut alors inventer une décroissance conviviale (nous vous suggérons de lire leur charte sur le net :
http://www.decroissance.qc.ca).