L'infolettre Iktus :

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Martin Luther King

L’ENGAGEMENT... Et il prit résolument le chemin de Jérusalem

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Pour entrer en matière j’évoquerais ce que j’appelle « l’engagement existentiel», partir de ce qui est...C’est à dire choisir de prendre conscience de mon existence et d’y réfléchir personnellement.


N’est-ce pas là l’engagement fondamental?


En effet si je veux m’engager pour une cause qui concerne d’autres personnes, je dois d’abord m’engager à me former moi-même en conséquence. C’est comme un bon test de cohérence par rapport à la vérité et aux valeurs que je veux véhiculer ou transmettre à travers mon engagement, il ne s’agit pas de projeter de transformer le monde sans d’abord essayer de me transformer moi-même. Peut être qu’il n’y a pas un ordre strict mais c’est certainement essentiel de ne pas oublier cet aspect déterminant pour devenir crédible.

« Qu’as-tu à regarder la paille dans l'œil de ton frère alors que tu ne vois même pas la poutre qui est dans le tien ??? » (Luc 9,51)


Autrement dit je dois bien discerner si ce que je veux changer dans le monde ne se trouve pas aussi sournoisement en moi...Car il m’arrive souvent de regarder comment les autres devraient faire et comment ceci ou cela devrait changer ailleurs sans vraiment penser que je fais partie de ce monde et qu’en moi je peux retrouver les mêmes comportements que je dénonce.


Quelquefois ce n’est pas aussi visible chez moi parce que je ne m’applique pas l’analyse avec autant d’exigence que sur les autres. On comprend que c’est très important de toujours faire une auto-évaluation de soi-même face aux comportements qu’on affirme vouloir transformer chez les autres de même que le mode de penser. Parfois je peux raisonner exactement de la même manière que ce que je considère inadmissible chez les autres et c’est plus ou moins camouflé derrière de bonnes intentions.


S’engager n’a rien de naïf et si on «s’embarque» ça demandera de l’énergie en masse et autant de mon «temps de vivre», ce qui risque de me faire oublier que la fougue et l’enthousiasme peuvent entraîner aussi l’illusion. Entre autres que tout arrive sans qu’on ait besoin de travailler d’abord sur soi, précisément là où se trouve le premier stade du changement, le premier lieu si on veut où il faut commencer la révolution, là aussi  où doit s’accomplir la première métamorphose.


«La vie éternelle c’est qu’ils te connaissent toi, le vrai Dieu et Celui que tu as envoyé». (Mt 7,3)


Une des dispositions à l’engagement consiste à choisir de me questionner à fond sur ''qui je suis et quelle est ma finalité'', ce qui en découle surtout dans ma vie de tous les jours et sur ce que je fais de ma vie ordinaire pour qu’elle devienne extraordinaire


C’est sure que je ne m’engage pas à être présent à moi-même pour grossir mon égo , mais je m’engage à me connaître en tant que personne humaine... à partir d’un certain débroussaillage de ce que je suis et de ce que je veux réellement dans mon être profond. Autrement dit quels sont les besoins existentiels de l’être humain que je suis. Savoir au moins pourquoi, en vue de quoi et comment je veux réellement vivre.


À la limite je peux ignorer quel travail ou profession je désire exercer plus tard mais je me dois, comme personne humaine, de scruter mon identité première à la source ou mon identité ultime...Cette première entreprise est un engagement de premier plan puisqu’il oriente tout le reste. Pour bien s’envoler...un avion décolle à partir du sol...il a un point de départ qui détermine tout son élan.


« C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on connaîtra que vous êtes mes disciples. » (Jn 17,3)


On entend Jésus nous dire: « Aime ton Dieu de toute ta force…et aime ton prochain comme toi-même. » (Jn 13,35)


M’engager c’est avant tout un acte d’amour. Cela suppose à première vue que pour aimer, on s’aime assez soi-même pour croire qu’on peut aimer l’Autre ou l’autre pour lui-même, non pas pour s’en combler en premier. C’est tout un engagement lorsqu'on s’y arrête.


«Il faut y penser deux fois» .


L’amour est la source la plus profonde de la connaissance, on est porté à croire qu’il n’y a que l’intelligence qui apporte la connaissance. Mais ce n’est pas tout à fait juste.
Si je veux m’engager, je vais le faire en fonction d’un bien que je perçois. Mais pour discerner ce bien j’ai besoin de l’amour et c’est l’amour qui poussera mon intelligence à le discerner comme bien, et c’est encore l’amour qui me poussera à vouloir ce bien et par conséquent à m’engager à fond pour l’acquérir.

C’est là où mes valeurs prendront leur force véritable car elles se déploieront à partir de la vérité de l’amour.

 



Madeleine Delisle,

Présidente du CA d'IKTUS et Permanente à IKTUS