L'infolettre Iktus :

Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle.

Jean 3.16

L'engagement étudiant

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Saviez-vous qu'il existe une quarantaine de groupes étudiants à l'UQAM? Leur mandat est de contribuer à l'enrichissement
de la vie intellectuelle, culturelle et sociale de la population
étudiante. IKTUS fait partie de ces groupes agréés par l'Université.
Tout comme nous, chaque groupe s'engage dans des causes
et des intérêts qui leurs sont propres.
Ceci dit, sur une population d'environ 40 000 étudiants, la
proportion de ceux qui s'impliquent dans un groupe est plutôt
minime. Pourquoi donc? Il y a certainement plusieurs raisons qui
justifient cela : manque de temps, ignorance, indifférence, etc.. Il
s'agit bien sûr d'implications bénévoles, et comme on dit, le bénévolat
n'assure pas le pain sur la table.

La question du don et de la gratuité

C'est fascinant de voir
le nombre de personnes qui me disent qu'ils courent constamment
et qu'ils peinent à trouver du temps pour eux. À leurs yeux,
donner de son temps gratuitement relève de l'héroïsme, surtout
la cause ne les concernent pas personnellement.

Est-ce que cela signifie que nous sommes plus occupés?
Est-ce que l'étudiant actuel est appelé à travailler davantage qu'il
y a vingt ans? Peut-être... Il est toutefois difficile de comparer.
Nous pouvons tout de même constater que l'esprit utilitariste a
pris beaucoup de place à notre époque et que le libéralisme et
l'esprit de consommation influencent fortement notre manière
d'agir et de penser. Même si à priori, nul ne dit que sa valeur
première est « l'appât du gain », il faut tout de même remarquer
un mouvement qui incite à cela. On pourrait résumer cette valeur
par « gagner pour posséder plus.»


Qu'est-ce que le don et la gratuité peuvent nous apporter
dans ce cas?

Premièrement, cela nous aide à ne pas nous réduire à l'état
de consommateur. Deuxièmement, à créer des liens authentiques
basés sur le désir de connaître l'autre et par conséquent à
briser le cercle vicieux de la solitude. Et finalement, réaliser que
chaque personne est appelée à s'ouvrir à une réalité autre que
son propre nombril pour s'épanouir réellement.
S'engager concrètement pour une cause contribue à connaître
notre humanité sous plusieurs aspects. Elle nous fait sortir
de nos concepts biens établies pour rentrer dans la réalité de la
vie. Dans une université comme la nôtre, les groupes étudiants
peuvent très bien répondre à toutes ces dimensions.
S'engager dans quel but?

De quelle manière peut-on s'engager? Au nom des ses
valeurs, de ses idées et même de sa foi. À moins d'être complètement
indifférent à ce qui se passe autour de nous, il n'est pas
interdit d'affirmer que la grande majorité d'entre nous espère un
monde meilleur. Même à l'intérieur de l'université, il y a des
choses à faire pour la rendre plus accueillante, conviviale. Comment
faire en sorte que l'UQAM ne soit pas qu'une boîte à cours
mais qu'elle inspire au contraire un désir de bâtir le monde de
demain? En démontrant que la carrière est importante mais que
ce n'est pas le but ultime de la vie. En devenant également un
lieu de débat où tous (pas seulement des experts) s'y sentent
impliqués activement.

Il faut se poser la question sérieusement. On ne doit pas
se laisser endormir par notre confort personnel et chaud. Le
monde a besoin de trouver des personnes capables de s'engager
librement et fidèlement à des causes qui aideront à bâtir une
plus grande justice.

« Car j'avais faim, et vous m'avez donné à manger ;
j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger,
et vous m'avez accueilli ; j'étais nu, et vous m'avez
habillé ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en
prison, et vous êtes venus jusqu'à moi ! » Alors les justes
lui répondront : « Seigneur, quand est-ce que nous t'avons
vu...? tu avais donc faim, et nous t'avons nourri ? tu avais
soif, et nous t'avons donné à boire ? tu étais un étranger, et
nous t'avons accueilli ? tu étais nu, et nous t'avons habillé ?
tu étais malade ou en prison... Quand sommes-nous venus
jusqu'à toi ? » Et le Roi leur répondra : « Amen, je vous le
dis : chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces petits qui
sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait. »
(Mt 25, 35-40)

Raphaël Coulombe